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Tulkarem -

Journal sous couvre-feu à Saida : samedi

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C'est maintenant le cinquième jour de l'invasion militaire du village de Saida, et la frustration, l'impatience et le désespoir des personnes locales sont palpables.
Le sentiment d'impuissance, qui réside dans chacun, est déchirant.
Les 3.500 habitants de cette ville de Cisjordanie ont été collectivement séquestrés à 7h mardi matin où une armée de tanks et des jeeps militaires blindées ont pris la ville.

Des haut-parleurs ont été utilisés pour annoncer l’ordre : personne ne sort de sa maison ou la force mortelle sera utilisée. C’était aussi simple que ça. Les tireurs isolés stratégiquement placés sur le dessus des toits ont imposé la loi avec un grand succès.

Aussi pendant les quatre jours suivants, les familles ont dû survivre avec ce qu’ils avaient dans la maison.

Aucun homme ne peut aller travailler. Aucune femme ne peut aller faire les courses; en effet personne n'a pu ouvrir sa boutique! Personne n'a pu aller s’inquiéter de ses parents. Personne n'a pu aller chez le docteur. Aucun éleveur n’a pu nourrir son bétail. Aucun fermier n’a s’occuper des récoltes. Aucun visiteur dans la ville ne peut partir. Regarder par la fenêtre c’est risquer votre vie. Imaginez.

Au quatrième jour, la faim s’était installée. Beaucoup de placards étaient vides et les gens avaient besoin de nourriture. Cette opération militaire devenait un désastre humanitaire.

Alors que nous nous déplacions dans la ville pour demander aux gens ce dont ils avaient besoin, ils ont demandé le plus basique : "Svp, pouvez vous inciter les soldats à partir pour que nous soyons libres de sortir de notre maison sans risque?"

Avec le sentiment d’être impuissants, nous avons téléphoné à toute personne qui pouvait nous aider ou qui avait des connections pour mettre fin au siège. Les pressions que nous avions commencé dès le premier jour reprennaient sérieusement.


Les groupes israéliens des Droits de l'Homme ont fait pression sur le commandement militaire et sur des membres de la Knesset, le Parlement israélien.

Il semblait que toute l’attention nationale et internationale se focalisait sur l'action dans la bande de Gaza, et Saida, assiégée et affamée, avait été oubliée.

Finalement hier en fin d’après-midi, il y a eu une petite brèche.

La ville était toujours sous occupation militaire et coupée du monde extérieur par des barrages routiers, mais le couvre-feu à la maison a été temporairement levé.

Quand l'annonce a été faite, les gens ont prudemment commencé à faire un pas à l’extérieur et puis ils ont commencé à quitter leurs maisons. Les rues étaient pleines des gens soulagés et souriants, se saluant avec de grandes étreintes et des poignées de main avec le cri de Il-Hamdilallah (Merci à Dieu!). On aurait dit la veille du Nouvel An..

Les magasins sont devenus bondés et les fermiers se sont précipités vers leurs animaux affamés pour évaluer les dégâts. Mais l'armée a indiqué clairement qu'ils contrôlaient toujours Saida.
Le sursis provisoire était précaire. Les jeeps blindées patrouillaient toujours la ville, bloquaient les rues et plusieurs maisons étaient encore occupées par des soldats.

Quelques soldats nous ont dit que que le couvre-feu était levé pour 24 heures, mais pourrait être à nouveau imposé à tout moment s'il y avait le moindre problème.

La plus grande frustration : c’était que personne ne pouvait quitter le village. Au checkpoint, des files d'attente se sont formées : des gens qui avait été piégés dans le village et qui devaient s’en aller. Personne n’a été autorisé à partir..

Nasser, 21 ans, était l’un des plus désespérés; il devait aller à Naplouse pour ses examens de fin de semestre à l'université qui commencent aujourd'hui. Maintenant il le ratera et cela compromettra peut-être son diplôme à venir.

Il y a également un groupe d'étudiants de dernière année désireux d’assister au premier jour de classe au lycée dans le village voisin d'Alhar. Ils ne peuvent pas sortir, ni ne peuvent entrer les professeurs de l'école primaire de Saida, l'école était donc désertée.

Et puis, il y a Ahmed. Il conduit l'autobus scolaire pour la ville voisine de Tulkarem. L'école reprend aujourd'hui, mais il ne sera pas là pour faire les tournées pour le jour de reprise après les vacances.

Beaucoup d'autres doivent sortir du village pour le travail ou les affaires. Ils perdent maintenant leurs salaires, des opportunités et peut-être leur travail.

Ils seront coincés dans le village de Saida, devenu maintenant une zone militaire, pour l’essentiel une prison, avec un sentiment de nervosité, d’incertitude et d’isolement.



PS : Nous sommes samedi et le couvre-feu a été renforcé. L’incertitude continue.

Voir la carte de la région

Source : www.palsolidarity.org

Traduction : MG pour ISM-France

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